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WW3, CROCO, CMEMS : quelle donnée océanique pour quel besoin ?

Publié le 10 juin 2026 · 6 min de lecture
Données marinesWW3CROCOCMEMSMéthode

« De quelle donnée ai-je besoin ? » est la première question de tout projet océanographique, et la plus souvent mal tranchée. Choisir la mauvaise source, c'est payer une résolution inutile ou, à l'inverse, manquer le phénomène que l'on cherche à décrire. Voici comment nous arbitrons entre WaveWatch III, CROCO et Copernicus Marine.

Partir de la variable, pas du modèle

Avant de parler d'outil, il faut nommer la grandeur physique qui pilote votre décision. À chaque variable correspond une source naturelle :

  • Vagues (hauteur, période, direction) — WaveWatch III, modèle spectral d'états de mer.
  • Courants, niveau d'eau, température, salinité — CROCO en zone côtière, CMEMS à l'échelle du bassin.
  • Conditions de bassin et réanalyses longues — Copernicus Marine, pour le contexte et la validation.

WaveWatch III — l'état de mer

WW3 résout le spectre des vagues à l'échelle d'un bassin, typiquement de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres de résolution. C'est la référence pour la houle au large et son arrivée vers la côte. En revanche, il ne décrit ni les courants, ni la transformation fine des vagues dans les très petits fonds, qui relèvent d'un modèle côtier dédié.

CROCO — la côte à haute résolution

CROCO modélise la circulation océanique côtière : courants, marée, niveau d'eau, température et salinité, jusqu'à une résolution de l'ordre de quelques dizaines de mètres. C'est l'outil adapté dès que la bathymétrie et le trait de côte gouvernent le phénomène — estuaires, baies, abords portuaires. Son coût de calcul croît rapidement avec la résolution, ce qui en fait un modèle que l'on emboîte sur une zone ciblée plutôt que sur une emprise large.

Copernicus Marine — le contexte de bassin

CMEMS fournit prévisions et réanalyses opérationnelles à l'échelle régionale et globale, gratuitement et de façon homogène dans le temps. Deux usages majeurs : alimenter les conditions aux limites d'un modèle côtier, et servir de référentiel pour valider une chaîne de modélisation sur plusieurs années. Sa résolution, de l'ordre du kilomètre à la dizaine de kilomètres, reste trop grossière pour décrire seule la dynamique littorale.

La bonne combinaison plutôt que le bon modèle

Dans la pratique, la question n'est presque jamais « lequel choisir » mais « comment les articuler ». Un schéma fréquent : CMEMS et WW3 aux frontières, CROCO emboîté sur la zone d'intérêt, puis descente d'échelle par IA pour atteindre la résolution finale à coût maîtrisé — une approche que nous détaillons dans notre article sur la prévision côtière par IA.

Le bon point de départ reste un cadrage : quelle variable, quelle emprise, quelle résolution et quelle erreur acceptable. Décrivez-nous votre besoin et nous proposons l'assemblage de données le plus sobre qui y répond.